À l’approche des élections municipales, notre association d’usagers Pays de Paimpol à vélo a interrogé les listes candidates du territoire de l’ancienne communauté de communes afin de connaître leur positionnement sur les mobilités douces et la place du vélo dans les déplacements du quotidien.
Au total, 19 listes dans huit communes autour de Paimpol ont été sollicitées. L’exercice n’a toutefois pas été simple : la diffusion des questionnaires s’est révélée parfois difficile et seules huit listes ont répondu, soit environ 40 % des candidats. Les réponses reçues se révèlent par ailleurs très inégales dans leur niveau de détail. Certaines communes apparaissent déjà engagées dans des démarches en faveur des mobilités actives, ce qui se traduit par des réponses plus détaillées et plus structurées.
À Paimpol, deux des listes candidates (J’aime Paimpol de Fanny Chappé et Paimpol à coeur de Catherine André-Landais) ont sollicité une rencontre avec notre association. Nous avons échangé assez longuement sur la question des mobilités. Nous avons demandé une réponse écrite à notre questionnaire. A ce jour, nous n’avons pas de réponse de la liste de Catherine André–Landais malgré des relances de notre part.
Des réponses contrastées selon les communes
Dans plusieurs communes, les candidats se disent globalement satisfaits de l’existant, tandis que d’autres reconnaissent la nécessité d’accélérer les aménagements.
À Ploubazlanec, la liste Ploubaz avec vous menée par Richard Vibert met en avant la priorité donnée aux déplacements vers les écoles et évoque un projet ambitieux visant à relier Arcouest à vélo.
À Plouézec, les positions divergent davantage. La liste conduite par M. Pagny se dit plutôt satisfaite des aménagements actuels et semble considérer que les liaisons vers les communes voisines relèvent moins de la responsabilité de la commune. À l’inverse, la liste de Jacques Mangold insiste sur la nécessité de renforcer les liaisons intercommunales et de sécuriser les grands axes.
A Paimpol, la liste de Fanny Chappé fournit une réponse détaillée et souligne la priorité donnée à l’accès aux commerces en périphérie et aux communes voisines.
A Paimpol toujours, lors de notre rencontre la liste de Catherine André-Landais nous a informé du souhait qu’un de ses conseillers soit attaché aux Mobilités (marche, vélo, covoiturage, etc.) et s’est engagée à réaliser rapidement les petits aménagements simples à mettre en place.
Dans les petites communes, Kerfot et Pléhédel figurent parmi les rares à avoir répondu. Les candidats reconnaissent que des efforts ont déjà été engagés, mais leurs priorités diffèrent. Pour M. Thomas et la liste Nouvel élan pour Kerfot, les liaisons avec les communes voisines sont identifiées comme un enjeu important, tandis qu’à Pléhédel M. Ropers considère la commune moins concernée par ces connexions.
Nous soulignons l’importance de l’échelon communal à la base de toute initiative, même si les mobilités ne sont pas une délégation des communes.
Participation citoyenne et concertation
Nous avons questionné les listes sur leur volonté d’associer les citoyen.es et associations d’usagers aux réflexions menées sur les mobilités douces.
À Ploubazlanec et Plouézec, les communes ont déjà sollicité l’association Pays de Paimpol à vélo pour recueillir son avis sur certains projets ou pour tester des itinéraires, illustrant une forme de coopération locale.
À Plouézec, la liste de M. Pagny envisage pour l’avenir une concertation menée au cas par cas. La liste de M. Mangold une concertation utile pour privilégier des trajets adaptés aux besoins réels.
A Paimpol, la liste de Catherine André-Landais nous a indiqué vouloir créer avec notre association un état des lieux et une feuille de route des aménagements à réaliser. La liste de Fanny Chappé s’engage à poursuivre le dialogue déjà établit avec notre association.
Une politique vélo à l’échelle intercommunale
Plusieurs listes évoquent la nécessité d’une coordination à l’échelle de l’agglomération.
Les listes de G. Pagny, R. Vibert et D. Ropers expriment notamment une
insatisfaction vis-à-vis du plan vélo existant de Guingamp Paimpol Agglomération et souhaiteraient le voir évoluer.
insatisfaction vis-à-vis du plan vélo existant de Guingamp Paimpol Agglomération et souhaiteraient le voir évoluer.
La liste L’Envie commune, conduite par J. Mangold, insiste sur l’importance de renforcer la coopération entre communes et propose la mise en place d’un plan vélo intercommunal de proximité.
Cette question apparaît comme un enjeu central. Les déplacements quotidiens dépassant largement les limites administratives d’une seule commune, la communauté de commune dispose de la compétence mobilité.
Stationnements, circulation et sécurité
Plusieurs listes avancent des mesures concrètes pour encourager la pratique du vélo.
À Paimpol, la liste J’aime Paimpol, conduite par Fanny Chappé, propose notamment de développer des stationnements vélos, d’intégrer systématiquement les cyclistes dans les projets de rénovation de voirie, et de créer des stationnements sécurisés dans des lieux stratégiques, notamment à proximité des habitats groupés.
Dans les petites communes, les approches diffèrent également : Nouvel élan pour Kerfot envisage la mise en place d’un plan communal de circulation, tandis que la liste menée par M. Ropers à Pléhédel estime qu’un tel dispositif n’est pas nécessaire.
Les communes qui ont déjà engagé des démarches répondent de manière plus circonstanciée à l’instar de Ploubaz avec vous qui démontre une volonté de continuité par rapport aux projets déjà engagés en poursuivant la voie vers l’Arcouest.
Deux autres listes se démarquent par une vision plus globale sur le développement du vélo sur le territoire : J’aime Paimpol de Fanny Chappé et l’envie commune de Jacques Mangold. La commune de Plouézec a fait des aménagements en faveur du vélo (stationnements, chaucidous…) tant sous le mandat de M. Mangold que sous celui de M. Pagny.
Un enjeu encore inégalement pris en compte
Pour l’association Pays de Paimpol à vélo, cette enquête montre que la question des mobilités actives progresse dans les programmes municipaux, mais reste encore inégalement prise en compte selon les communes.
L’association rappelle que le développement du vélo repose sur plusieurs leviers :
aménagements sécurisés, continuité des itinéraires, coordination entre communes et prise en compte systématique des cyclistes dans les projets de voirie. Et le pragmatisme l’emporte quand on sait que chaque kilomètre parcouru à vélo permet d’éviter 1 euro de coûts sociaux en santé.
L’association PPAV se tient prête à travailler avec tou.te.s les futur.es élu.es qui en feront le choix.
Nous conclurons sur une note légère adressée aux candidates paimpolaises : la pratique du vélo est excellente pour le cœur.
